Yves Le Gall / Le Matricule des anges - février 2012
Sous la plume de Gil Adamson, une petite fille exprime son regard teinté de drôlerie et de poésie sur un monde qui n'est guère rassurant. [...] En treize nouvelles au cours desquelles Hazel grandit de l'enfance à la fin de l'adolescence, va simplement nous faire découvrir que nous sommes « tous à bord du Titanic ».
Véronique Rossignol / Livres Hebdo - 20/01/2012
Gil Adamson nous avait époustouflé avec son premier roman, La veuve. Sous une forme en apparence plus modeste, la Canadienne, qui écrit aussi de la poésie, confirme ici son talent de conteuse à la fois ample et subtile. Cette fois-ci pourtant, pas de grande épopée oxygénée dans la nature... Rien de bien héroïque dans la vie de la jeune Hazel, la narratrice. [...] Intuitive et clairvoyante, sans que sa lucidité lui soit du moindre secours pour infléchir le cours des choses, elle regarde ce petit monde bricoler sa vie avec plus ou moins de bonheur. Et ce livre fin, souvent drôle, parfois tendre, n'évacue pas le fond de tristesse dans lequel baignent ces avenirs pleins de courts-circuits.
Yannick Haenel / Le Monde - 02/12/2011
La véridiction est un petit livre dense et passionnant. La modestie de ce texte, comme toujours chez Bailly, cache une méditation sur l'expérience de la pensée, sur la venue de la voix, sur la possibilité, aujourd'hui, d'une existence poétique. Cet "insondable" est l'essentiel. Ce qui se joue depuis plusieurs décennies sous le nom de Bailly comme sous celui de Lacoue-Labarthe relève à mes yeux de ce qu'il y a de plus décisif : l'existence de la littérature. [...] La littérature est l'expérience même de la solitude, mais son déploiement passe par l'amitié, c'est-à-dire l'ouvre à une exigence politique qui la met à l'épreuve. Et dans La Véridiction, livre d'amitié où passe en sourdine la figure de Georges Bataille, qui inventa la communauté de ceux qui la contestent, l'amitié de Bailly pour Lacoue-Labarthe tend précisément vers une communauté qu'elle déjoue sans cesse.
Daniel Berland / Page des libraires - décembre 2011
Dans sa Véridiction, possibilité d'un poème qui anéantirait la prose poétique et donnerait consistance à une phrase dont la diction (la musicalité ?) serait véridiction, Jean-Christophe Bailly rend hommage, à travers trois essais, à Philippe Lacoue-Labarthe et aux réflexions et aux travaux de toute une vie
Thibaud Coste / Nonfiction.fr - 21/12/2011
Dans La véridiction, Jean-Christophe Bailly parvient à se saisir d'une pensée qui, précisément, est une pensée du déssaisissement.[...] Lier la poésie à l'expérience, voilà ce qu'aura été toute l'exigence poétique de Philippe Lacoue-Labarthe, lier pour détruire la pose poétique, étrangler toute l'éloquence et s'enfoncer au creux de la langue "entre le ne rien dire du mutisme ou de l'aphasie singulière et le trop dire de l'éloquence". Cette phrase, dont nous parle Jean-Christophe Bailly avec justesse, est non modulée, (restée) ouverte, attendant le sens ou la véridiction d'une diction juste. [...] "Ce qui est requis pour le poème et pour la diction aussi - c'est la voix nue, la voix de ce qui a commencé à parler en nous il y a très longtemps qui parle ou doit parler dans le poème lorsqu'il est dit - et dire le poème signifie ici aussi bien l'écrire que le lire."
Aurélie Janssens / Page des libraires - février 2012
Kate Colquhoun s'empare d'un fait divers qui a défrayé la chronique à Londres en 1864 : l'assassinat d'un banquier à bord d'un train. [...] C'est avec beaucoup de plaisir qu'on assiste aux différentes phases de l'enquête. [...] Kate Colquhoun ne nous épargne rien dans ce roman dense et passionnant qui transcende les codes du genre pour aboutir à une peinture foisonnante du Londres victorien.
Olivier Mony / Livres Hebdo - 03/02/2012
Portrait d'une ville perdue qui se réinvente sans cesse en même temps que requiem pour une humanité égarée, Hotel DF brille d'un éclat comique et noir qui en fait une œuvre de moraliste navré autant que de romancier.
Joseph O'Connor / Sunday Herald - Books of 2011 - décembre 2011
Magnifique et profondément poignant.
Colm Toibin / The Guardian - meilleurs livres de l'année 2011 - décembre 2011
Un chef-d'oeuvre de narration et de mise-en-scène.
The New York Times - 1001 livres de l'année 2011 - décembre 2011
Un récit passionant et émouvant.
Anne Smith / Version Femina - 11/12/2011
Rares sont les livres hommages aussi puissants où les morts sont tellement « vivants » et l'amour aussi résistant.
Alexis Liebaert / Marianne - 10/12/2011
Derrière les cris de rage, les accès de chagrin, l'écrivain dessine le portrait d'une femme unique, comme s'il voulait à tout prix la faire aimer au lecteur, manière à ses yeux de l'empêcher de disparaître tout à fait. Histoire d'une femme, d'un couple aussi, ce livre, qui a reçu le prix Femina étranger 2011, est un récit parfaitement maîtrisé, hanté par la mort, et pourtant plein de vie. Un livre qui, malgré son aspect intime, réussit le tour de force de ne jamais nous mettre dans la position malsaine du voyeur.
Didier Jacob / Le Nouvel Observateur - 22/12/2011
[Dans ce livre, Laura Kasischke témoigne d'une] démesure douce, la richesse et le génie littéraire plapable à chaque instant.
Raphaëlle Rérolle / Le Monde - 03/02/2012
Un texte splendide, où le plaisir de raconter se mêle à la réflexion sur les pouvoirs de l'imagination et de la création littéraire (Ringo, qui se destinait à la musique, devient écrivain au fil du récit). Tous les personnages qui se côtoient dans ce récit semblent doués d'une vie miraculeuse. Tous vibrent et pleurent, souffrent, aiment, désirent comme s'ils étaient réellement de chair et d'os. Comme si, de fait, ce qui est inventé avait plus de poids que la réalité.
Hervé Dauphin / Qué tal Paris - janvier 2012
Le roman "le plus autobiographique" de l'auteur barcelonais, avoue-t-il, est un récit fabuleux, dont la prose riche et précise possède un fort pouvoir d'évocation.
Fabienne Pascaud / Télérama - 11/01/2012
Est-ce des rêves ou des instan¬tanés fugitifs, quasi photographiques, que décrit si finement, le jeune Ringo ? Le quotidien et les songes, la réalité et l'imaginaire, le politique et le fantasme se mêlent jusqu'au fantastique dans le dernier roman du grand Catalan Juan Marsé. D'abord obsédé par la musique, l'harmonie des choses et la mélodie fugace des pensées, un apprenti joaillier s'initie peu à peu aux mystères de l'écriture. S'y blesse, s'y perd et s'y trouve. Ses continuelles rêveries, dans le Barcelone douloureux de l'après-guerre, ne lui ont-ils pas valu de perdre un index, alors qu'il travaillait sur son établi ? [...] A travers Ringo, Juan Marsé raconte aussi, comme jamais, son propre parcours. Et de ses phrases ciselées comme ces bijoux auxquels travaille l'apprenti, le vrai, superbement, se fait fiction.
Olivier Renault / Page des libraires - février 2012
Ce magnifique roman est une immersion dans les quartiers populaires de Barcelone sous la dictature, entre les sous-entendus politiques et l'espoir de n'être pas abandonné par le reste du monde... Une écriture fine, rêveuse, un sfumato sensuel, une brume sonore et dorée dans la nuit : il importe de bien écrire les rêves.
Patrick Beaumont / La Gazette Nord Pas de Calais - 27/01/2012
Juan Marsé déploie ici sa puissance évocatrice, en particulier dans la création d'images, imagine des personnages inoubliables, objets tout à la fois de l'ironie et de la tendresse de l'auteur, et tisse des dialogues enlevés et ponctués d'humour.
Hugo Pradelle / La Quinzaine littéraire - 15-31/01/2012
Avant tout, cette Calligraphie des rêves consiste en une manière de topographie sentimentale et fictive qui fait de son petit héros, attablé au bar Rosales, le bras en écharpe et lisant toujours, le témoin de la vie d'êtres qui se rêvent et se racontent autrement qu'ils ne sont, toujours aux prises avec leurs projections personnelles et un réel qui les dément. Marsé établit ainsi, en quinze chapitres, des microfictions nouées à partir de personnages qui entourent Ringo, faisant de la description méticuleuse et néanmoins baroque du quotidien, de ce que nous avons sans cesse sous les yeux, la matière d'une réflexion qui déborde largement ce qu'elle semble circonscrire, entreprenant par des devers sensibles la mémoire, la vie dans l'Espagne franquiste, les enjeux de la résistance et de la liberté entretissant à cette galerie de personnages habilement agencés les questionnements bouleversants qui sourdent chez ce personnage, figure d'un empêchement, d'un déplacement, d'un ajournement de l'existence qui ne trouve d'exutoire que dans sa propre fiction.
Béatrice Arvet / La Semaine - 29/01/2012
Les souvenirs d'enfance de Ringo deviennent un feuilleton dans lequel les déboires sentimentaux de Mme Mir, la découverte du secret de sa naissance, son initiation sentimentale ou les activités obscures de son père adoptif constituent autant de prétextes à exercer sa créativité. [...] Au café Rosales, centre névralgique du quartier et observatoire de premier ordre, il redessine ses rêves, affabule sur les intrigues et commence à apprécier le pouvoir des mots par de timides tentatives d'en aligner quelques-uns ou à travers la tragédie secrète d'une lettre perdue, dans cette Espagne franquiste où il était impossible de s'évader, où l'on brûlait les livres et où la police politique n'était jamais loin. [...] Une manière de résister et de transformer des personnages ordinaires en héros magnifiques.
Liliane Kerjan / La Quinzaine littéraire - 01-15/01/2012
Dès ce premier roman, le pivot central, James Quinn, aimable entrepreneur aux yeux de lapereau, sera en butte aux bravades, aux rivalités, aux surenchères d'un monde masculin, un univers de frime et de prouesses physiques où la violence des gags scande el repos des gentlemen du Nord isolés sur un vaste domaine du Michigan, comme si la vie du club était un perpétuel bizutage en marge des réussites sociales. Contrastes simultanés, bêtise et confusion des hommes, beauté de la nature, McGuane aime les mélanges optiques, la conduite sur les bords.
André Clavel / Lire - février 2012
Des décors de rêve, où le cauchemar ne tardera pas à s'inviter lorsqu'un trublion s'invitera pour transformer les lieux en poudrière, sous l'œil d'aristos en pleine déroute.
Liliane Kerjan / La Quinzaine littéraire - 01-15/01/2012
Fable fantaisiste sur les tribulations du jeune Nicholas Payne, qui tire sur le piano par la fenêtre ouverte du voisin. Fils métalliques sectionnées, trous déchiquetés, l'aile immense du couvercle au-dessus de sa tête, l'enfant plonge dans les entrailles du monde et sa vision prend forme. Et lui aussi prend forme au terme d'un voyage picaresque et poétique.
André Clavel / Lire - février 2012
McGuane lance sur l'asphalte un routard post-sixties qui veut faire de la folie un mode de vie et qui écume l'Amérique en moto, entre le Michigan, la Californie et la Floride : cette tête brûlée fonce à tombeau ouvert sur les traces de Kerouac mais il ne rencontrera pas de clochards célestes, seulement quelques bouseux armés de Winchesters et un piano dézingué, le tout saupoudré de commentaires acides sur l'Amérique de l'époque.
Hubert Artus / L'Optimum - février 2012
Une nouvelle fois, la musique de McGuane accorde le destin d'un homme et la magie des paysages en un vibrant hommage au vivant. Sur les jantes est une ode au retrait du monde bienvenue dans un univers de surenchère à la vitesse.
Bernard Quiriny / Le Magazine littéraire - février 2012
La comédie désolante à quoi s'apparente la vie compliquée du docteur Berl Pickett de se transformer en célébration panthéiste de la nature sauvage, dans les pages lyriques que seul Thomas McGuane sait écrire de cette manière.
Julie Coutu / Chronic'art - février 2012
L'écriture est charnelle, dense, l'appétit des grands espaces nourrissant un panthéisme jubilatoire. [...] On sent un appétit de vivre, bouillonnant, un rapport au corps, au toucher, à la palpitation renforcée par la causticité de l'auteur, son intelligence des mots. Le portrait de Berl Pickett est prétexte à un instantané drolatique d'une certaine Amérique.
Augustin Trapenard / Elle - 03/02/2012
Pêcheur, chasseur et bon vivant, amoureux des petites villes et des grands espaces, Thomas McGuane résiste par ses romans aux dérives de la modernité. Celle-là même qui assassine les paysages comme les mythes américains - sans parler des écrivains. Celui qu'on surnommait « Captain Barjot » pour ses excès en tout genre signe ici un livre de la maturité, intime et maîtrisé, qui échappe à tout effet de mode. C'est que, au-delà des folles péripéties de son attachant antihéros, on retient surtout son écriture visuelle et ses images indélébiles
Thierry Gandillot / Les Echos - 06/01/2012
Berl Pickett est médecin. C'est un miracle. Enfant, il ne brillait pas à l'école. Adulte, il a plutôt persévéré dans son mode de vie plutôt original. [...] On pourrait le croire immature, mais la réalité est plus compliquée. Toujours est-il qu'après une sombre histoire d'intervention médicale à l'issue dramatique, Berl se retrouve un moment au ban de la société assez traditionaliste et provinciale du Montana. [...] Un McGuane au sommet de sa forme.
Patrick Beaumont / La Gazette Nord Pas de Calais - janvier 2012
Un roman profondément humain signé de l'un des plus grands auteurs américains contemporains
Lucie Clair / Le Matricule de anges - janvier 2012
Thomas McGuane renoue avec la veine romanesque et ses personnages masculins décalés, dont les errements se confondent avec la dissidence dans les petites villes isolées des Grandes Plaines. [...] Il est reconnu comme l'une des plumes de la « nature writing » les plus vivaces. Que celle-ci sache dépeindre avec autant d'humour, de tendresse et de véracité lesméandres de l'âme et les passions humaines contribue aussi à nous rendre à notre naturalité, à une bienveillante simplicité.
Eric Neuhoff / Le Figaro - 05/01/2012
Une vie, ça? Un beau fouillis, oui. Berl Pickett a beau être médecin, sa biographie est aussi cabossée que la vieille Oldsmobile 88 qu'il conduit sans précautions. [...]Ça n'est pas un hasard si le narrateur se plonge dans Don Quichotte. Il y a du picaresque dans ce gros volume où l'on respire un air aussi pur et vivifiant que celui qui souffle sur les montagnes avoisinantes. Berl a des secrets.[...] En phrases souples, sinueuses, McGuane fouille les recoins du passé, n'excuse pas vraiment son héros qui a le don de s'attirer des ennuis et qui rêve de se transformer en corbeau. [...] Le livre fait penser à ces riches buffets garnis où il est permis de piocher à volonté. Il y en a pour tous les goûts. Sens de la nature, détails cocasses, morceaux d'émotion, lyrisme et imagination en roue libre, scènes de la vie provinciale: le talent de McGuane est tout-terrain.
Nils C. Ahl / Le Monde - 06/01/2012
La grande habileté de ce livre est de jouer sur des distinctions et des genres romanesques classiques (le corps et l'esprit, le héros picaresque, l'idiot), tout en proposant une trame très contemporaine, très orale, très vraisemblable dans son économie de moyens. A cet égard, les scènes et les enchaînements les moins fermes du texte participent bel et bien d'une poétique réaliste, celle de la perception et de la mémoire parfois approximative de Berl Pickett. Retardant l'explicite, procédant par allusions, raccourcis, allers-retours, la narration est cependant aussi erratique que précise. De manière significative, c'est d'ailleurs dans l'humour, le décalage réjouissant des registres et la délicatesse de la langue que le lecteur s'en rend compte au fil des pages. Hésitant volontairement entre premier et second degré, Sur les jantes se lit à son rythme, à condition d'épouser les ralentissements et les accélérations de son récit. Dans les meilleurs romans, on le sait, le dessin ne se révèle qu'à la toute fin.
Alexandre Fillon / Le Journal du dimanche - 08/01/2012
On retrouve Thomas McGuane au sommet de son art avec un opus mélancolique et excentrique, Sur les jantes. [...] Avec une rare finesse, il brosse le portrait d'un type attachant qui « ne pige absolument rien au base-ball » et écoute ZZ Top en posant des points de suture. Un Berl Pickett qui aime les chevaux, les chiens d'arrêt et la nature. [...] Un livre simple et profond.
Olivier Mony / Sud-Ouest - 08/01/2012
Dans les romans de Thomas McGuane, élégies pour la disparition d'un monde, de cet Ouest qui ne serait que fantasmé [...] des vies entières sont passées sous le signe du couchant. Ainsi de ce Sur les jantes, son dixième, mais peut-être celui où, de par la liberté narrative qu'il s'accorde, McGuane apparaît comme le plus souverainement maître de ses moyens. [...] Dans une langue volontiers lyrique, sans jamais se départir d'un humour ravageur qui porte son œuvre entière, Thomas McGuane donne à l'attente [de son personnage] les couleurs du plus beau des crépuscules.
Liliane Kerjan / La Quinzaine littéraire - 01-15/01/2012
Il y a du naturaliste chez Thomas McGuane, toujours à l'affût des oiseaux et des hommes, épiant leurs couleurs et leurs battements de cœur, la canne à pêche et le stéthoscope toujours à portée de main. C'est la vie qu'il guette, la poussée des prairies, l'à-pic des canyons et, toute minuscule dans les castes paysages du Montana, une humanité en proie à ses pulsions primaires, des petits points colorés qui envahissent la toile. [...] Rien n'y manque, ni les souvenirs de guerre du père, ni les dérives pentecôtistes de sa mère, ni les séances du conseil d'administration de la clinique croquées avec l'humour qui caractérise McGuane. On passe ainsi du monde grandiose et quasi immuable des grands ciels du Montana aux tracasseries du siècle avec comparution, procès pour homicide et soupçon de faute professionnelle...
André Clavel / Lire - février 2012
Berl Pickett reconstruit peu à peu son passé et égrène ses souvenirs, une rafale d'émotions souvent douloureuses qui viennent se cogner en lui « comme des insectes sur un pare-brise ». [...] Attentif aux corps et aux âmes, il en sait long sur les êtres, même s'il a du mal à les comprendre. Parce qu'il est éternellement décalé. [...] Sa confession est un chef-d'œuvre de psychologie et son cabinet médical ressemble à la librairie de Montaigne - un observatoire de l'existence.
André Clavel / Le Temps - 08/01/2012
[Le héros du nouveau roman de McGuane] s'appelle Berl Pickett et va dérouler sur cinq cents pages une longue confession dont la profondeur émotionnelle et philosophique épate : à chaque détour de paragraphe, il offre à ses confidents - tous les lecteurs que nous sommes - des petites phrases qui sont autant de préceptes pour affronter l'existence avec une lucidité teintée d'ironie et pour être moins vulnérable face aux épreuves. [...] C'est un homme aux abois que dépeint McGuane, mais cet homme-là aura assez de force pour secouer les multiples jougs qui l'entravent, et pour se réconcilier avec lui-même. Sa délivrance, c'est au cœur de la nature que Berl la cherchera. [...] Comme s'il avait définitivement tourné le dos au monde, au terme d'un récit à la fois cruel et élégiaque, magnifiquement ciselé, où la petite musique du prosateur rejoint la sagesse du moraliste.
Anne Smith / Version Femina - 22/01/2012
Le rythme de ce dixième opus, sans doute le plus tendre de Mr. McGuane, alterne entre flash-back et présent ancré dans une Amérique racontée avec humour et sans complaisance à travers une galerie de personnages hauts en couleur.
Dominique Paschal / Page des libraires - février 2012
Entre comédie et tragédie Thomas McGuane excelle dans ce roman à nous offre un grand bol d'air où il est plus facile de vivre avec la nature qu'avec les hommes. [...] Il aime ce [héros] naïf et nous le fait aimer comme l'atmosphère de cette région éloignée et décalée de la société moderne.
Isabelle Falconnier / L'Hebdo - 25/01/2012
De livre en livre, McGuane traque l'Ouest mythique et son souvenir dans l'esprit de ses habitants, personnages toujours plus intéressants, riches et imprévisibles au fil de ses romans - et dont Berl Pickett, attentif aux corps autant qu'aux âmes, est un représentant profondément tragicomique. Incapable, comme nous tous, de comprendre la vie mais refusant de prétendre que c'est le cas, désemparé au moment d'enterrer ses parents ou de se justifier face à sa communauté, tombant amoureux au moment où il s'y attend le moins, pêcheur inspiré, Pickett esquisse pour McGuane une passionnante réflexion sur la virilité américaine contemporaine, qui ne sait plus si la nature est à son service ou l'inverse.
Maxence Grugier / Fluctuat.net - 02/02/2012
Parce qu'il est aussi naïf qu'ouvert à la vie et à toutes ses possibilités, Berl Pickett, médecin généraliste à Livingstone, petite ville du Montana, est la victime idéale dans une société sclérosée par les normes, où derrière une respectable façade d'ennui, tout n'est que calcul, ruse et traitrise en vue de s'accaparer une bonne place et la meilleure réputation. C'est la leçon douce-amère que va devoir apprendre à ses dépens le nouveau personnage du nouveau roman de Thomas Mcguane, Sur les Jantes. [...] Mcguane n'a pas son pareil pour décrire avec malice cette Amérique du "bien" et de l'étroitesse d'esprit, contre celle, sauvage et indomptée, des grands espaces. [...] Quoi de plus rassurant que de voir [celui qui a été un grand] fêtard qui a su traverser les violences de son époque, le chaos des années 70 (où il mena grand train, "sur les jantes" justement, entre filles, coke et alcool à outrance) et l'ère paranoïaque de l'après-11 septembre, sauvé de justesse par son amour immodéré de la nature et de l'humanité qui la peuple ?
Books - décembre 2011-janvier 2012
"Aucun romancier américain ne procure plus de plaisir - phrase après phrase, paragraphe après paragraphe, page après page - que cette icône du Montana", estime Lloyd Sachs dans le Chicago Sun Times. L'icône en question s'appelle Thomas McGuane. Il a la particularité de vivre depuis des décennies dans un ranch et d'être le seul membre de l'Académie des Arts et des Lettres à être aussi champion "d'équitation western". Son dixième roman raconte les aventures picaresques d'un médecin du Montana, Irvin Berlin Picket, fils d'une mère chrétienne fondamentaliste et d'un père, vétéran de guerre, passablement extrémiste lui aussi. Dans la vie de cet ingénu de l'Ouest sauvage, note Maile Meloy dans le New York Times, "les problèmes surgissent sous la forme d'une femme, ou plutôt de deux femmes, en fait de trois ou quatre..." Car, depuis qu'il a été déniaisé à 14 ans par une tante lubrique, il en attire énormément.
Marion Rudlove / Biba - janvier 2012
Un drôle de livre où les mésaventures les plus tragiques finissent toujours par vous faire éclater de rire.
Raphaëlle Leyris / Le Monde - 09/12/2012
De cocktails en tournages, le bichon de Marilyn l'a suivie partout. Erudit et affectueux, Maf est le narrateur idéal des dernières années de la vie de la star.
Joel Isselé / Dernières Nouvelles d'Alsace - 07/01/2012
L'écriture de Peter Stamm est comme un piment mexicain : il suffit de peu pour en avoir plein la bouche ; à ceci près qu'avec le Suisse de Winthertur le goût est riche de mille finesses, de saveurs diaprées. [...] Si Peter Stamm détient un secret, c'est celui de son pouvoir de suggestion. Son écriture est économe. Serrée. Laconique. Elle se refuse aux effets de manches. Elle ne confond pas la littérature avec l'exécution virtuose d'un numéro de cirque. Portée sur l'ellipse, cette écriture éveille pourtant chez le lecteur une étonnante profusion d'images, de sensations, de troubles intimes. [...] Ses dix récentes nouvelles, dans Au-delà du lac, témoignent du même talent.
Isabelle Rüf / Le Temps - 08/01/2012
Peter Stamm est un des auteurs alémaniques les plus lus, dans sa langue comme en français. On le compare à Tchekhov pour la mélancolie elliptique qui émane de ses livres, ou à Strindberg, pour le malheur conjugal.
Patrick Kéchichian / La Croix - 19/01/2012
Étrangement, les récits de Peter Stamm ne sont pas désespérants. Et même si la familiarité que l'on éprouve d'abord se fissure, elle reste vive, vérifiable. Les personnages sont nos voisins, ils sont nous-mêmes. Nous n'avons pas peur d'eux. Simplement, ces fissures sont nombreuses, même si elles sont d'abord imperceptibles. Ce ne sont pas des gouffres, pas des abîmes, mais elles ne laissent aucune surface intacte. Stamm semble s'étonner sans cesse. En fait, il n'en revient pas, de ce luxe d'inquiétude, d'angoisse, qui affecte ses personnages. Avec une superbe maîtrise, il nous invite à partager son propre trouble.
Mélanie Le Loupp / Page des libraires - février 2012
Tel un chirurgien, Peter Stamm dissèque certains instants de la vie. Il saisit tout à la fois l'inaudible et l'indicible d'un instant. En l'espace de quelques pages, le pire comme le meilleur de chaque personnage est posé sur le papier et laisse le lecteur parfois perplexe quant à la condition humaine et la morale de chacun. En aucun cas Peter Stamm ne se pose en juge. [...] Il brosse plutôt des portraits et laisse son histoire faire écho auprès de son lecteur. Car chaque texte est une expérience au cours de laquelle le lecteur se laisse guider, comme hypnotisé par ce dont sont capables l'homme et la femme.
Astrid Eliard / Le Figaro - 26/01/2012
Peter Stamm travaille ses récits comme une tache d'entre avec laquelle il s'amuse, dessine des formes. Sait-il où il va ? Bien sûr : il va vers le mystère, le trouble, l'ambigu. [...] Au fil du recueil, on comprend qu'il faut se méfier des eaux dormantes de l'écriture de Stamm, capable de tempêtes sourdes et de violentes humiliations.
Pierre Deshusses / Le Monde - 27/01/2012
Toujours au bord de la rupture, longeant des failles dont les silences sonores attirent autant les personnages que le lecteur, ces histoires s'inscrivent dans le triangle du mystère, du désir et de la solitude. [...] Peter Stamm dit trouver son inspiration dans des situations vécues ou simplement observées dans la rue et qu'il prolonge par l'écriture. Ou dans des faits divers de journaux. [...]Stamm est un écrivain qui invente la réalité en lui laissant jusqu'au bout une part d'indéfini : "C'est une façon de faire confiance au lecteur. Je n'écris pas parce que je sais mais parce que je cherche ou simplement parce que je ne comprends pas."
Morgan Boedec / Chronic'art - janvier-février 2012
Peter Stamm est de retour avec un recueil tout en ellipses et dépouillement, un nouveau travail d'orfèvre. Si en façade tout est calme, derrière les torrents grondent ? Voilà ce qui rapproche ces nouveaux moments de vie saisis au moment où quelque chose bascule, se replie, se découvre. [...] Ces états de fuite, de tension et de malaise du quotidien sont une matière que Stamm aime pétrir et faire parler. Dans ces creux, désir et érotisme se frayent un chemin. On flirte parfois avec le fantastique, à la sauce suisse. Raison de plus pour y goûter.
Véronique Rossignol / Livres Hebdo - 02/12/2011
Peter Stamm est un de ces talents qui ne roulent pas des mécaniques, de ceux à propos desquels on parle de modestie des effets, de subtil laconisme. Phrases sans construction sophistiquée, mots simples, personnages et motifs d'intrigue banals, suspense bâti sur trois fois rien... Toute cette frugale économie de narration est particulièrement efficace dans les formes courtes. Après Verglas et D'étranges jardins, on le vérifie une fois encore avec Au-delà du lac, [...] recueil dont le réalisme précis et mat est parfois teinté d'une légère touche de fantastique.
Aurélie Janssens / Page des libraires - décembre 2011
Devenu rapidement un succès mondial, Le Seigneur des anneaux inspira de nombreux artistes, dont Cor Blok, jeune peintre hollandais qui fut immédiatement séduit par la richesse visuelle du roman. Il entreprend alors une œuvre d'envergure : illustrer Le Seigneur des anneaux grâce à un cycle de tableaux reprenant les différentes scènes du livre. Ces tableaux ne sont pas restés dans l'ombre puisque Tolkien lui-même les a repérés. Les éditions Bourgois proposent de découvrir ces peintures accompagnées d'un extrait du texte dont chacune d'elle est issue, ainsi qu'un appareil critique complet.