Liste non exhaustive : définition et emploi
Sens de « non exhaustif » dans les dictionnaires, orthographe sans trait d’union, accord, formules voisines et portée de la mention dans un contrat.

Au bas d’un formulaire, dans une clause de contrat ou sous un tableau récapitulatif, la mention « liste non exhaustive » revient sans cesse. Trois mots, et pourtant il suffit de les omettre ou de les écrire de travers pour changer la portée d’un texte. Une liste non exhaustive paraît simple à employer tant qu’on ne s’interroge pas sur le trait d’union, sur l’accord ou sur la conséquence réelle de l’expression dans un document qui engage son auteur.
En bref
- Une liste non exhaustive est une énumération qui ne prétend pas tout recenser : elle cite des éléments sans épuiser l’ensemble, alors qu’une liste exhaustive traite le sujet à fond, sans rien omettre.
- L’expression s’écrit en deux mots, sans trait d’union, et l’adjectif s’accorde : une liste non exhaustive, des exemples non exhaustifs.
- Pour annoncer qu’une énumération reste ouverte, on dispose de « notamment », « par exemple », « entre autres » ou « de manière non exhaustive », qu’il vaut mieux ne pas cumuler.
- Dans un contrat, une liste non exhaustive reste ouverte, tandis qu’une liste limitative est fermée : seuls les cas cités sont visés.
Que signifie « exhaustif » et d’où vient ce mot ?
Est exhaustif ce qui épuise un sujet ou une matière en le traitant à fond, sans rien omettre. C’est le sens figuré que donne le Trésor de la langue française informatisé, et celui que retient le Larousse avec l’exemple d’une liste exhaustive. Le mot s’applique à une étude, à un relevé, à un inventaire, à un recensement, à une bibliographie ou à une énumération : ce sont les noms qui s’associent le plus souvent à l’adjectif. Ses synonymes courants sont « complet » et « intégral ».
Cet adjectif est jeune dans la langue. Il est emprunté à l’anglais exhaustive, créé par le philosophe Bentham entre 1786 et 1789 à partir du verbe to exhaust, « épuiser », lui-même issu du latin exhaurire. Sa première attestation française date de 1818, chez Étienne Dumont, traducteur de Bentham. Il s’écrit avec un h, comme exhaustivement et exhaustivité, et n’a, malgré la ressemblance, aucun rapport de sens ni d’origine avec exhausser.
« Non exhaustif » est la négation de ce sens. Une liste non exhaustive ne cherche pas à tout dire : elle donne des éléments, souvent les plus représentatifs, et prévient le lecteur que d’autres existent. Les contraires d’exhaustif sont « incomplet » et « partiel », ce qui situe la nuance : la formule ne signale pas un défaut de l’auteur, elle annonce que la liste n’est pas fermée.
Comment écrire « non exhaustif » : avec ou sans trait d’union ?
« Non exhaustif » s’écrit en deux mots, sans trait d’union. La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française pose le principe : devant un adjectif ou un participe passé, « non » reste séparé du mot qui suit, comme dans réalisation non conforme, personnel non enseignant ou partie non inspectée. Exhaustif étant un adjectif, on écrit une liste non exhaustive et jamais une liste non-exhaustive.
L’adjectif suit ensuite la règle ordinaire : il s’accorde avec le nom qu’il qualifie, et « non » ne varie pas. L’Office donne pour modèles organismes non gouvernementaux et personnes non admissibles. Les quatre formes d’exhaustif donnent donc :
- un relevé non exhaustif (masculin singulier) ;
- une liste non exhaustive (féminin singulier) ;
- des exemples non exhaustifs (masculin pluriel) ;
- des listes non exhaustives (féminin pluriel).
Le trait d’union n’apparaît que lorsque « non » précède un nom : le non-respect d’une clause, la non-violence. Dans ce cas, les deux mots forment un nom composé et le pluriel se marque sur le dernier élément, comme dans non-fumeurs. Cette distinction explique que l’on écrive un point de non-retour, mais une démarche non exhaustive.
Quelles formules annoncent qu’une liste est incomplète ?
Cinq formules courantes signalent qu’une énumération est incomplète, chacune avec sa nuance.
| Formule | Ce qu’elle indique | Exemple |
|---|---|---|
| notamment | Distingue un ou plusieurs éléments dans un ensemble cité ou sous-entendu, « en particulier » | Les pièces demandées comprennent notamment un justificatif de domicile. |
| par exemple | Présente un cas parmi d’autres | Les frais de déplacement, par exemple le train ou le covoiturage, sont remboursés. |
| entre autres | Cite quelques éléments d’un ensemble plus vaste | Le poste implique, entre autres, la gestion des plannings et le suivi des commandes. |
| liste non exhaustive, liste indicative | Annonce que l’énumération qui suit ne recense pas tout | Liste non exhaustive des matériaux utilisés : chêne, noyer, frêne. |
| de manière non exhaustive | Applique la réserve à un verbe : présenter, citer, décrire | Ces options sont présentées de manière non exhaustive. |
L’adverbe « notamment » ne dit pas expressément que la liste est partielle : il met en relief des éléments. Placé devant une énumération, il laisse toutefois entendre que d’autres existent, ce que « non exhaustif » affirme sans détour. Les deux s’emploient donc dans des contextes voisins, mais le second est plus net quand l’ouverture de la liste compte.
Cumuler ces marques alourdit la phrase sans la préciser. Un texte qui contient déjà « notamment » ou « entre autres » n’a pas besoin d’être suivi de « liste non exhaustive », et terminer par « etc. » une énumération introduite par « notamment » dit deux fois la même chose. On garde une seule marque, la plus lisible pour le lecteur visé.
Que change « non exhaustif » dans un contrat ou un texte juridique ?
Dans un texte juridique, une liste non exhaustive reste ouverte, alors qu’une liste limitative fixe des limites : ce qui n’y figure pas est écarté. « Limitatif » se définit comme ce « qui limite, qui fixe des limites » et cite parmi ses emplois la clause, la définition, l’énumération et la liste limitatives.
Le droit des successions fournit un cas précis. Le même dictionnaire, qui reprend l’Académie, définit la disposition limitative comme celle dont l’objet est si exactement déterminé que le légataire ne peut rien réclamer sur le reste des biens du testateur. Il relève aussi l’adverbe limitativement, dans une phrase de 1903 sur les cas « limitativement déterminés par la loi » où l’État peut être déclaré responsable en matière postale.
Pour l’auteur d’un contrat, d’un règlement ou d’une notice, le choix doit donc s’écrire en toutes lettres. Une clause qui veut tout encadrer dira : « Les cas de résiliation sont limitativement énumérés à l’article 7. » Une clause qui veut garder de la marge écrira : « Les frais pris en charge comprennent, de manière non exhaustive, le transport et l’hébergement. » Sans cette précision, le lecteur doit deviner l’intention de l’auteur, et la portée exacte d’une mention ambiguë se discute alors devant un juriste.
Comment employer une liste non exhaustive sans la vider de son sens ?
Une liste non exhaustive reste utile si l’on y range d’abord les éléments les plus représentatifs et si l’on ne la contredit pas. Le lecteur lit la mention comme un avertissement : il garde en tête que la suite est un échantillon. La mention se place donc au plus près de l’énumération, avant elle (« Liste non exhaustive des tâches : accueil, courrier, standard ») ou juste après.
La première précaution consiste à ne pas contredire la mention. Annoncer une liste non exhaustive puis la présenter comme l’inventaire complet d’une situation n’a aucun sens. À l’inverse, lorsque les éléments cités couvrent tous les cas, il vaut mieux écrire que la liste est exhaustive : « complet » et « intégral » en sont des synonymes, et le lecteur y gagne une garantie.
Quatre écarts sont à éviter dans un document :
- le trait d’union superflu : non-exhaustif au lieu de non exhaustif ;
- l’accord oublié : des listes non exhaustif ;
- la double marque : notamment suivi de etc. dans la même énumération ;
- la contradiction : une liste dite non exhaustive que le texte présente ensuite comme complète.
Un exemple réécrit montre l’effet. Version maladroite : « Liste non-exhaustive des tâches : accueil, standard, etc. » Version corrigée : « Liste non exhaustive des tâches : accueil, standard, courrier. » L’orthographe est rétablie et une seule marque d’ouverture subsiste.
Questions fréquentes
Écrit-on « pays non alignés » ou « pays non-alignés » ?
Les dictionnaires ne s’accordent pas sur certains adjectifs composés consacrés par l’usage, comme pays non-alignés, manifestants non-violents ou peintres non-figuratifs. L’Office québécois de la langue française recommande d’appliquer la règle générale et d’écrire pays non alignés. Le trait d’union revient quand l’expression devient un nom : les non-alignés.
Peut-on dire d’une personne qu’elle est exhaustive ?
Oui, l’emploi est attesté pour la personne qui mène une étude : Du Bos parle, dans son journal de 1927, de son besoin constant d’être exhaustif dans l’examen de tout problème. On peut donc écrire qu’un rapporteur a été peu exhaustif, au sens où il a laissé de côté des aspects du sujet.
Exhaustif peut-il signifier « épuisant » ?
C’est un sens rare, relevé pour un usage qui épuise un terrain ou pour un effort qui épuise les forces humaines, attesté en 1873 dans le Journal officiel. Aujourd’hui, le mot veut dire « qui traite à fond ». Pour parler d’un effort qui fatigue, mieux vaut écrire « épuisant » et éviter toute confusion.
« Notamment » est-il correct, alors que Vaugelas le jugeait peu recommandable ?
Vaugelas écrivait en 1647 que cet adverbe n’était pas du bel usage et conseillait de dire plutôt « nommément », « particulièrement », « principalement » ou « surtout ». Le mot est pourtant attesté vers 1485 et figure dans le dictionnaire de l’Académie française depuis 1694, Son emploi est donc admis depuis plus de trois siècles.
Existe-t-il un nom et un adverbe de la même famille ?
Oui : exhaustivité, nom qui désigne le caractère de ce qui est exhaustif, attesté en 1966 chez Coyaud, et exhaustivement, adverbe attesté en 1955 chez Teilhard de Chardin, On parle ainsi de l’exhaustivité d’un inventaire ou d’un sujet traité exhaustivement. Les deux s’écrivent avec un h.
Sources
Sources consultées le 28 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, « Définition de EXHAUSTIF », cnrtl.fr. Adresse : https://www.cnrtl.fr/definition/exhaustif
- Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, « Définition de LIMITATIF », cnrtl.fr. Adresse : https://www.cnrtl.fr/definition/limitatif
- Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL), Trésor de la langue française informatisé, « Définition de NOTAMMENT », cnrtl.fr. Adresse : https://www.cnrtl.fr/definition/notamment
- Larousse, « Définitions : exhaustif », Dictionnaire de français Larousse, larousse.fr. Adresse : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/exhaustif/32111
- Office québécois de la langue française, « Emploi du trait d’union dans les mots composés avec non », Banque de dépannage linguistique, vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca. Adresse : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/21613/lorthographe/emploi-du-trait-dunion/mots-composes/mots-composes-avec-preposition-ou-adverbe/emploi-du-trait-dunion-dans-les-mots-composes-avec-non
