Jean-Christophe Bailly

Tuiles détachées

Le Lorgnon Mélancolique - novembre 2018

Ce livre est le portrait, l’autoportrait d’une question humainement universelle qui taraude, obsède plus volontiers l’homme de cabinet, l’homme de culture. A-t-on une raison d’être ? Comme écrivain en l’occurrence et comme poussière d’humanité. La question se pose, elle se pose toujours.

Laurent Perez / Art Press - octobre 2018

On s'accorde, un peu paresseusement, à décrire comme inclassable l'oeuvre de Jean-Christophe Bailly, qui, depuis les années 1970 et 1980, s'exprime en effet concurremment sous les formes de l'essai, du récit, de la poésie, de la philosophie, du théâtre et de la critique d'art. Le récit autobiographique Tuiles détachées [...] et les "quatre aventures galloises" de Saisir mettent précisément en évidence la profonde unité d'une pensée d'abord attentive à l'expérience, à la perception et aux formes de langage les mieux à même d'en rendre compte.

Richard Brautigan

Mémoires sauvés du vent

Marine de Tilly / Le Point - octobre 2018

Richard Brautigan, ou on l'aime follement ou on ne le connaît pas. Ces Mémoires sauvés du vent, poussières d'Amérique, sont d'une onctuosité que l'on ne voit chez nul autre apôtre de la Beat Generation. Car, même avec le foie en vrac, les sous-vêtements sales, la vie dure, Brautigan est d'une douceur de madone : son lyrisme délicat, minimal, bouleverse chacune de ses phrases. C'est la vie, la brute, pas lui. Il égrène ici la sienne, atome par atome, depuis le gosse misérable de l'Oregon qui tentait de gagner quelques dollars pour s'acheter un film de John Wayne, une glace ou un soda, jusqu'à ce jour pluvieux de février 1948 où il n'est plus un gamin et où il aurait dû acheter un hamburger plutôt qu'une boîte de 50 balles pour sa carabine 22 long rifle. C'est le récit puissant et poétique d'une tragédie tranquille, et c'est joli à en pleurer.

Un général sudiste de Big Sur

Stylist - novembre 2018

Sous ses titres placides […], c’est un orage qui couve. C’est le cas de Un général sudiste de Big Sur qui, après une série d’événements farfelus, hésite à s’achever et propose trois fins différentes. Ou alors, Un privé à Babylone et son héros, détective à San Francisco, assailli par des rêveries qui le transportent dans la cité antique. Même chose avec Retombées de sombrero, dont une partie de l’histoire se situe dans la poubelle où un humoriste a jeté les premières pages d’un roman qui continue de s’écrire sans lui. Vous ne tiendrez jamais un seul roman de Brautigan dans les mains : chacun de ses livres en contient plusieurs.

Bertrand Hugot / PAGE des libraires - novembre 2018

Et de la poésie, il y en a dans ce texte survolté qu’est Un général sudiste de Big Sur, premier roman publié par Brautigan et récit d’une semaine à Big Sur en compagnie d’un certain nombre de bouteilles d’alcool, d’un chœur de grenouilles et de deux alligators, le tout saupoudré d’amour, d’un peu de violence et de folie plus encore ! 

Amy Goldstein

Janesville

Santiago Artozqui / Mediapart - janvier 2019

Dans Janesville, la journaliste du Washington Post Amy Goldstein raconte avec humanité le quotidien de quelques familles d'ouvrier, pendant la crise économique de 2008, quand General Motors décide de fermer l'usine qui fait vivre cette petite ville du Wisconsin. Un travail documentaire au service d'une écriture remarquable.

Clémence Boulouque / Transfuge - janvier 2019

Un des grands livres de la rentrée. […] Baromètre de l’Amérique désindustrialisée, Janesville a des échos universels – ceux des promesses effritées.

Livres Hebdo - décembre 2018

Alors que le ton monte entre Donald Trump et General Motors - qui souhaite réduire de 15 % le nombre de ses employés -, la journaliste du Washington Post Amy Goldstein propose une plongée au cœur de la ville de Janesville, siège historique de l'industrie mécanique où le constructeur automobile a fermé son usine en 2008.

Arrigo Lessana

Nos conversations du mercredi

Librairie Le Square - décembre 2018

Comme tous les mercredis, Angelo est assis sur le canapé, le dos contre le siège, la tête dans le vide et les jambes en l’air. Il converse avec son grand-père. Ils expriment leurs divergences, ils partagent leurs affinités, ils questionnent le temps et provoquent des ponts inimaginables entre les époques et les sujets. En cent pages seulement, Arrigo Lessana réenchante le monde de façon insolite et irrésistible.

Fabrice Colin / Le Canard Enchaîné - décembre 2018

UNE HISTOIRE VRAIE : tous les mercredis, Angelo 13 ans, débarque chez son grand-père Arrigo “et repart le jeudi matin à la première heure”. Un an de discussions, de souvenirs, de questionnements philosophiques consignés dans ce livre. […] Nimbé d'une poésie ténue (une “brune calaminée”, un printemps hésitant), le récit tend vers l’”impalpable” : on se sent bien parce qu'on ne sait rien.

Florence Bouchy / Le Monde - novembre 2018

Sans doute l’écrivain sait-il mieux que le chirurgien que les cœurs blessés et endeuillés ne se réparent pas. Tout au plus la littérature peut-elle accompagner la pulsion de vie qu’elle devine encore à l’œuvre. Dialoguant avec son petit-fils de 13 ans, Angelo, dont la mère – et fille du narrateur – a été emportée par une maladie deux ans auparavant, Arrigo Lessana revient sur l’histoire de sa famille pour que, inscrit dans une filiation, l’enfant puisse inventer sa propre destinée. 

France Lebreton / La Croix - novembre 2018

Un petit livre drôle, tendre et grave.

Giuseppa Furnari / Payot Librairie - novembre 2018

Un regard plein de tendresse, d'incertitudes sur le futur et le passé.

Sandra Basch / Elle - novembre 2018

Ces deux-là parlent de tout, de ce qu'ils aiment, de ce qu'ils désirent, du passé et de l'avenir, mais jamais de rien. Le plus âgé essaie de convertir le plus jeune à la médecine, à l'art, à la littérature, tout en le regardant, avec un scepticisme admiratif, manier souris, Smartphone et langage Java. Tour à tour, ces grands conteurs évoquent Alan Turing, Graham Greene, une chèvre en Ferrari, Tartuffe, les amis disparus, et Charlotte aussi... la mère d'Angelo, la fille d'Arrigo, morte bien trop tôt. Mais, délicatement, pas trop fort. Parce que même si la vie est "plutôt désespérante", il nous reste toujours la bonne humeur.

Claire Devarrieux / Libération - novembre 2018

Un partage léger, grave, enrichissant.

António Lobo Antunes

Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau

Ludivine Morand - Payot Lausanne / Aimer Lire - janvier 2019

Chaque nouvelle lecture d’un livre d’António Lobo Antunes est une expérience à part… L’auteur s’agrippe à son lecteur dès la première page, s’insinue dans son souffle et ne le lâche plus. Dans ce nouveau roman, on parle d’un enfant ramené de la guerre, de l’Angola en feu, d’une famille qui se tait à défaut de hurler, et de ces petites pierres qui s’incrustent sous la peau pour ne plus jamais nous quitter.

Antoine Perraud / La Croix - janvier 2019

La lecture d’un tel roman, il en va de même de toute l’œuvre de cet auteur démiurgique et hallucinatoire, relève de l’accoutumance à une drogue dure. Au fil des pages, la dépendance du lecteur semble rejoindre l’addiction qui fut sans doute celle de l’écrivain à composer pareil kaléidoscope. Enchevêtrement des voix, des perspectives, des temps et des espaces, qui se superposent et se juxtaposent : sommes-nous en Afrique, à Lisbonne, dans le village où se prépare le sacrifice du cochon ?

Antoine Perraud / La Croix - janvier 2019

Homère de notre terre gorgée de détestations, António Lobo Antunes donne à entendre, dans un roman dont on ne revient pas, le chant de sirènes cosmiques épinglant sans relâche les furoncles de ce monde en souffrance.

Jon McGregor

Réservoir 13

Pages d'histoire(s) - janvier 2019

C'est  avec brio et un style tout particulier que Jon McGregor réussit à nous embarquer dans cette étrange aventure. Peut-être est-ce par le rythme de son écriture dans lequel les phrases s'enchainent à une vitesse folle ou par l'étrange neutralité dont il fait preuve, telle celle d'un observateur presque naïf des évènements. Un très bon livre qui surprendra mais qui a coup sûr ne laissera pas indifférent.

Dominique Conil / Délibéré - janvier 2019

[...] un petit chef-d’œuvre de roman rural en forme de thriller qui piège le lecteur de bout en bout.

Virginie Neufville / Fragments de lecture - janvier 2019

Les treize réservoirs ne révèlent pas leurs secrets. La nature meurt, naît, se transforme, les habitants vivent, vieillissent et luttent contre leurs tourments personnels. Une vraie réussite.

Yann Fastier / Le Matricule des Anges - janvier 2019

La disparition d'une adolescente vient troubler durablement le quotidien d'un village anglais. Un roman attachant et lancinant, comme la vie.

Serge Bressan / Le Quotidien du Luxembourg - janvier 2019

Avec une écriture formidablement maîtrisée, Jon McGregor ne dévoile rien – dans la galerie des personnages, au lecteur de choisir qui pourrait être le coupable…

Christophe Mercier / Le Figaro - janvier 2019

Le romancier tisse dans son texte une véritable tapisserie de la vie de tous les jours, dans lequel un blaireau ou un renard, ou la tonte des moutons ont autant d’importance que la vie des hommes. À la lecture de ce texte exceptionnel, on est aussi ému qu’à la lecture des poèmes des Épitaphes de Spoon River, ce grand livre américain d’Edgar Lee Masters sur toutes les vies enfouies dans un cimetière de la Prairie. Réservoir 13 contient, en 350 pages, la matière de toute une Comédie humaine, de trente romans. 

Antonio Ortuño

Méjico

Ariane Singer / Le Monde - décembre 2018

[Antonio Ortuño] est l'une des jeunes voix les plus tranchantes de la littérature mexicaine.

Que Tal Paris - décembre 2018

Un livre prenant dans lequel Antonio Ortuño déploie une prose aussi percutante que sans concessions.

Politis - décembre 2018

Dans son polar noir Méjico, Antonio Ortuño tente, au-delà de l’univers de délinquance et de corruption qu’il dépeint, de prendre du recul sur ce que fuir et s’exiler signifient. Il associe deux récits à deux époques différentes, Guadalajara en 1996 et Madrid en 1946, et convoque ainsi l’héritage mexicain des réfugiés républicains espagnols, qui est le sien. Car, si des réfugiés souffrent et meurent aux frontières, d’autres parviennent à passer, à s’installer, et à se construire une vie de l’autre côté.

Notes bibliographiques - novembre 2018

Antonio Ortuño décrit à nouveau la corruption qui règne en maître dans son pays, aujourd'hui comme hier, le récit faisant des allers-retours de 1923 à 2014. [...] Moitié thriller, moitié roman politique, évoquant les affrontements bien réels entre anarchistes et communistes espagnols, ce roman entraîne dans une spirale [...] haletante [...]. Un thème intéressant et une écriture qui colle bien au sujet.

Martin Solares

Comment dessiner un roman

Virginie Bloch-Lainé / Libération - décembre 2018

Structures narratives, intrigues, style : dans un essai érudit, le Mexicain Martín Solares décortique l’écriture fictionnelle au gré de ses affinités littéraires. […] Martín Solares aime particulièrement Milan Kundera, et inscrit Comment dessiner un roman dans la filiation de L’Art du roman : il y désosse des structures narratives, compare des débuts de chapitres ou cherche les détails qui rendent un personnage « inoubliable ». Cet inventaire non exhaustif des arts d’écrire ne donne ni conseils ni leçons, mais propose une promenade dans la fiction.

Que Tal Paris - novembre 2018

Avez-vous déjà songé à dessiner un roman ? Voila une drôle de réflexion à laquelle nous invite l'écrivain mexicain Martin Solares dans son dernier livre. Au fil des pages, Martin Solares nous dévoile des passages de ses auteurs préférés (Gabriel Garcia Marquez, Mario Vargas Llosa, Raymond Chandler, Roberto Bolano, Horacio Castellane Moya, Truman Capote...) en mettant l'accent sur les différentes techniques qu'ils utilisent.

Les Obsédés Textuels - octobre 2018

Tous les amateurs de littérature se régaleront à la lecture de cet essai aussi érudit qu'instructif, aussi lumineux que gourmand, aussi pénétrant que didactique. Un vademecum indispensable à tout romancier en herbe. 

Peter Stamm

La Douce Indifférence du monde

Arnaud Laporte / France Culture Papiers - janvier 2019

Un livre à lire comme on voit un film de David Lynch, d’une seule traite, et à relire, sans jamais en épuiser la richesse.

Focus Vif - novembre 2018

Un auteur dont on s’est mis à attendre les romans comme on retrouverait un pays familier, mais toujours vaguement inquiétant parce qu’on n’en épuisera jamais le brouillard, et le mystère.

Le choix de la SDL - novembre 2018

Ce brillant tour de force donne une nouvelle vie aux thèmes romantiques du double et de son inquiétante étrangeté. Stamm se révèle un digne héritier d’E.T.A. Hoffmann.

Bernard Quiriny / L'Opinion - novembre 2018

La Douce Indifférence est un roman virtuose, spectaculaire et pénétrant, derrière son allure si discrète. 

Sophie Joubert / L'Humanité - novembre 2018

Porté par une écriture délicate, en apparence simple, l'ouvrage La Douce Indifférence du monde réunit, comme on empilerait des strates de temps, les multiples identités d'un homme à tous les âges de sa vie.

Sophie Joubert / L'Humanité - novembre 2018

Avec une impressionnante maîtrise narrative, Peter Stamm rebat les cartes d'une histoire d'amour jusqu'au vertige, questionne les pouvoirs de la fiction et la vampirisation du réel par la littérature. Porté par une écriture délicate, en apparence simple, l'ouvrage La Douce Indifférence du monde réunit, comme on empilerait des strates de temps, les multiples identités d'un homme à tous les âges de sa vie.

Notes bibliographiques - novembre 2018

L'auteur suisse germanophone Peter Stamm sait peindre avec une grande économie de moyens, dans une tonalité aussi grise que subtile, la fragilité des relations amoureuses. [...] Dans cet exercice de style, traité en courts chapitres bien incarnés et savamment construits, le mystère et le fantastique ne sont pas loin, ce qui donne un charme onirique excitant au livre. [...] Une habile réussite.

Serge Bressan / Le Quotidien du Luxembourg - novembre 2018

D'une construction vertigineuse, ce nouveau roman pointe un moment fondamental, celui du tourbillon de la vie. L'identité vacille, c'est le temps de l'amour, de l'intime… et du trouble.

L'Arbre à Papillons / On l'a l'u - octobre 2018

Avec l’humilité des grands, Peter Stamm trace son sillon sans bruit mais sûrement. On retrouve son univers délicat et mélancolique, à la lisière du vertige, fait de pas sur la neige aussitôt recouverts, comme un rêve évanescent ; et dans son sein, cette question que renferme la littérature depuis la naissance du roman moderne : vaut-il mieux vivre sa vie ou l’écrire ?

Stéphane Maffli / Le Temps - octobre 2018

Une fois la lecture de La douce indifférence du monde terminée, on se sent comme devant un magicien qui vient d’achever son tour. On sait bien qu’il y a un truc quelque part mais on ne l’a pas vu. Or on veut comprendre. Alors, on relit La douce indifférence du monde, sonné par tant de maîtrise et d’émotions contenues.

Astrid Eliard / Le Figaro - octobre 2018

Page après page, au fil de cette déambulation, la "douce indifférence du monde" nous gagne et nous envoûte. Mais le plus troublant, ici, c'est d'être confronté à des personnages qui ont pleinement conscience de mener une vie de papier, de n'être que des personnages dans une fiction.

Chris de Stoop

Ceci est ma ferme

Agnès Mannooretonil / Revue Études - janvier 2019

Que doit être une relation de paix entre l’Homme et la nature ? Ce désir a-t-il même un sens ? Dans Ceci est ma ferme, le journaliste Chris De Stoop expose de façon juste et poignante le conflit qui oppose des réponses divergentes à cette question.

Geneviève Simon / La Libre Belgique - décembre 2018

On sent le journaliste dans les témoignages recueillis avec un formidable sens de l’écoute, dans l’histoire, la sociologie, l’économie des lieux évoqués. Mais par la force des émotions (réelles mais contenues), le poids des convictions exprimées, la construction narrative, les souvenirs d’enfance, l’exploration du lien sensoriel avec la nature et l’attachement aux animaux qui y vivent, Ceci est ma ferme est une œuvre littéraire à part entière.

L'Écologiste - novembre 2018

Un témoignage vivant et argumenté sur la difficulté du métier [de fermier].

Bernard d'Epenoux / Télé Z - novembre 2018

Une splendide chronique sur la chaîne millénaire qui unit paysans et terroirs en Europe.

Elena Balzamo / Le Monde - octobre 2018

De Stoop signe une charge virulente mais argumentée contre l'écologie "idéologique", celle qui menace de couper l'homme de ses racines et de transformer la nature en un parcours touristique balisé.

John Ronald Reuel Tolkien

Un voyageur en Terre du Milieu

Lecteur en série nyctalope - janvier 2019

Cette balade aux confins de Cul-de-Sac, en passant par le Mordor ou le territoire des Ents, subjugue par des croquis au millimètre.

Marie Michaud / PAGE des libraires - novembre 2018

Un voyage à travers la Terre du Milieu avec John Howe pour guide : impossible de résister ! Les centaines de croquis tirés de ses carnets regorgent de détails qui invitent à une relecture de l'oeuvre de J.R.R. Tolkien.