Alberto Cavallari

Alberto Cavallari est né le 1er septembre 1927 dans la province de Plaisance (Italie), il participa en Emilie-Romagne à la Résistance armée en 1944-45 avec le groupe Justice et Liberté, de tendance laïque et social-démocrate. Dès la Libération, il devint rédacteur à l'organe de ce mouvement, Italia libera, édition de Milan faite par d'anciens émigrés en France. Simultanément, il participa de toutes les grandes aventures intellectuelles milanaises, notamment auprès d'Elio Vittorini. De 1954 à 1969, envoyé spécial du Corriere della Sera, il s'attacha principalement à rendre compte de l'évolution des pays communistes. Une série sur « Le Vatican qui change », en 1965, fut fameuse par l'interview que lui donna Paul VI, la première accordée par un pape.
Après trois ans à Venise comme directeur du Gazettino, Alberto Cavallari passa huit ans à Paris comme correspondant de La Stampa avant d'accepter, en 1981, la charge de directeur du Corriere della Sera. A partir de 1984, il fut l'un des éditorialistes de La Repubblica. Homme d'un caractère intransigeant et d'une très vaste culture, il joua un rôle très important dans la vie politique italienne. Détestant les clientélismes, les anciens comme les plus récents, il s'imposa par cette rigueur même, avant peut-être d'être lui-même brisé. Elle le fit appeler comme sauveteur d'un Corriere della Sera dont le directeur et le propriétaire étaient emportés dans les boues de la loge P2 et du krach du Banco Ambrosiano. Il ramena le premier journal italien au cœur de la bataille politique, au prix d'une lutte quotidienne contre les agissements du président du conseil socialiste, Bettino Craxi, qui n'hésita pas à le faire traduire en justice. Condamné, Alberto Cavallari trouva la solidarité de toute la presse italienne. Les conditions de la chute de Craxi lui donnèrent raison. Il est décédé le 20 juillet 1998 d'une crise cardiaque.